Retour sur le Reset day du 5 novembre

Plusieurs témoignages de porteurs de dynamiques inspirantes ont nourri les échanges du #Reset day du 5 novembre. Retrouvez ci-dessous le compte-rendu de nos échanges.

Retrouvez les slides présentées

Véronique Torner, co fondatrice et coprésicente d’alterway et présidente de la commission PME et régions du Syntec numérique, nous a présenté l’initiative Planet Tech’Care que vient de rejoindre la Fing.

Dans un manifeste , les acteurs parties prenantes (125 signataires : 50% tech, 25% hors tech, 25% formation) reconnaissent qu’il y a une empreinte environnementale du numérique, s’engagent à mesurer cette empreinte et s’engagent à la réduire.
Chaque partenaire organisera un atelier de contenu pour les signataires. L’enjeu est de faire monter les acteurs en compétences : bonnes pratiques, techniques, méthodologies, outils, bases de données. Deux ateliers seront organisés en novembre : 

Planet Tech’Care est une plateforme pour accompagner les entreprises mobilisées (adhérents du Syntec, éditeurs, acteurs qui utilisent la tech : Axa, TF1, ADP), à intégrer le numérique à leur stratégie environnementale et à soutenir les acteurs de la formation ( organismes de formation, écoles, université comme Simplom, IPP, etc.) dans le développement de compétences en matière de numérique responsable. 

Planet Tech Care s’apparente à une coalition au sens #Reset dans la mesure où elle réunit différentes parties prenantes et permet de massifier des actions. 

  • C’est une méta initiative : ne produit pas en tant que tel du contenu, s’appuie sur des écosystèmes existants à mettre en lumière pour mieux flécher l’engagement des signataires vers des actions.Pour des acteurs comme des PME, il est difficile de faire ses mesures, d’identifier les données.
  • Enjeux de l’impact : multiplier le nombre de signataires  et élever le plaidoyer au niveau européen (cf. Digital Europe, Green Deal avec Timmermans).

> En savoir plus  : https://www.planet-techcare.green/
> Autre initiative complémentaire à Planet Tech’Care pouvant intéresser la démarche #Reset à  observer : « Méthodes d’évaluation des impacts environnementaux au service de la transition écologique » de l’ANRT (à venir : janvier 2021: Réunion du Comité de pilotage du groupe ANRT.)


Yvan Godreau – nous a présenté le  manifeste : « Pour une société numérique humaine » publié par la Fédération des centres sociaux qui revendique une certaine manière d’aborder la question de la médiation numérique. Celui-ci propose notamment de s’appuyer sur l’initiative RESET 2022.
Les centres sociaux ne sont pas homogènes : diversité de formats (associatifs, municipaux, zones rurales et urbaines, QPV). Depuis plusieurs années, des dynamiques locales sont très claires autour du numérique. La fédération des centres sociaux a décidé de mettre en place un chantier national sur la thématique pour ;

  • acculturer le réseau à une vision du numérique en lien avec les valeurs des centres sociaux
  • qualifier l’activité des centres sociaux
  • mobiliser sur des enjeux clefs (cf. dématérialiser sans déshumaniser)
  • construire des alliances

Quelle culture numérique pour les centres sociaux ? Un numérique au service du pouvoir d’agir des habitants.Beaucoup des initiatives à l’oeuvre dans les centres sociaux portent cette vision. Un  catalogue va les recenser et permette de les illustrer de manières accessible, pour favoriser leur diffusion et et faire que d’autres centres sociaux s’en inspirent, s’en saisissent.
Atouts : 

  • la Fédération des centres sociaux et socioculturels allie action et réflexion
  • derrière la manifeste, des envie d’actes au niveau territorial, comme national.
  • la coalition « Dématérialiser sans déshumaniser » serait un bon cadre de coopération

 Berger-Levrault a aussi manifesté son intérêt pour la coalition « Dématérialiser sans déshumaniser ». Beaucoup de questions se posent en effet sur les pratiques et usages des habitants pour concevoir les logiciels d’une manière la plus pertinente possible pour les utilisateurs finaux.


Dominique Karadjian, a présenté le collectif Designers Éthiques qui s’intéresse depuis 2016 aux enjeux de la conception numérique. Plusieurs projets concrets sont engagés pour promouvoir la conception d’un numérique éthique, dont :    – un plug-in pour mesurer la captologie des sites https://attention.designersethiques.org/    – un événement organisé tous les deux ans « ethics by design » pour partager de l’expérience (low tech magazine)L’association a mis en place une instance PeerTube complètement low tech, alternative libre et décentralisée aux plateformes vidéos proposée par Framasofthttps://peertube.designersethiques.org/
Côté enseignement supérieur, Dominique remarque que beaucoup d’étudiants sont dépités (côté design) ; un constat de départ négatif mais un intérêt à aller de l’avant.


Johanna Castel,  nous a partagé l’importance que l’inclusion, l’environnement et la « souveraineté numérique »,  prend pour Cap Digital et l’objectif difficile mais nécessaire d’accompagner les innovateurs numériques et l’ensemble des adhérents dans un parcours allant en ce sens. Une dynamique fertile à laquelle RESET pourrait contribuer.
L’innovation responsable et les sujets de sobriété numérique sont effectivement dans tous les marchés traités par les acteurs du pôle de compétitivité, cf. cartographie des tendances annuelles : https://www.capdigital.com/telechargez-la-cartographie-des-tendances-2020-2021/
A noter :

  • EDHI : réseau d’acteurs pour un guichet unique d’entreprises et administrations pour favoriser le partage de connaissances sur la transformation numérique.
  • L’alliance Sumity réunit grandes universités, laboratoires de recherche, grandes entreprises, collectifs d’innovateurs, associations de PME/ETI et collectivités,autour de compétences et moyens techniques, humains et financiers pour accélérer la transformation numérique et écologique des entreprises et des territoires d’Ile-de-France et des Hauts-de-France https://sumity.eu/ 

Clément Mabi, chercheur, maître de conférence à l’UTC de Compiègne, nous a expliqué pourquoi #Reset était une initiative intéressante pour  les sujets démocratiques.
Clément fait partie du Laboratoire Costech : qui s’intérsse au  fait technique en société et à la manière dont les technologies numériques transforment le rapport au monde.Ses travaux portent sur les relations entre numérique (techno/culture) et démocratie, comment capter les transformations que produit le numérique, effets d’accélération (rapports à la citoyenneté, au vivre ensemble).
Questions premières : pourquoi le programme RESET se croise avec les travaux de recherche ? Et quels intérêts dans le champ des transformations du numérique et de ses effets sur le numérique ? A-t-on le numérique qu’on mérite ?
Dans la coalition « civic tech », l’existant ne convient pas : 

  • les technologies ne sont pas à la hauteur des enjeux contemporains
  • beaucoup d’ambivalences peuvent être pointées, qui ont longtemps freiné la lecture et l’analyse. On a manipulé des choses positives (le numérique fait les révolutions, il permet à tout le monde de s’exprimer, il rend le service public plus efficace), et aujourd’hui les problématiques de surveillance, de centralisation, de hiéarchisation des colères (« les colères d’internet » : dans le numérique, les sujets qui montent le plus sont ceux qui s’adaptent le mieux aux contraintes informationnelles), de massification des usages démocratiques (est-ce toujours bénéfique à la démocratie. cf grand débat ; a-t-on besoin de 2M de participants), de brutalité des débats

Le constat invite à être de plus en plus critique. Nous avons besoin pour #RESET de trouver des alliés qui partagent ce constat.
Peut-on encore agir ? bifurquer ? 

  • aujourd’hui on serait tenter de dire non. Cf le référendum « Uber » en Californie. Des difficultés de régulation se multiplient. 
  • pourtant, il faut faire preuve d’optimisme : des opportunités peuvent s’ouvrir pour repenser les technologies (by design), faire émerger une société civile (avoir plus d’acteurs organisés)

L’histoire des techniques et de l’innovation montre que ceux qui ne croient pas aux bifurcations sont en fait les promoteurs des technologies. En fonction des aspirations de la société, on peut bifurquer.

Quels chemins collectifs ? pour quoi faire ?
  • Intuition : cela passe par avoir une boussole : qu’a-t-on déjà essayé ? qu’est-ce qui a marché/pas marché ? – cette boussole doit prendre au sérieux les ambivalences, les tensions : « si on fait cela, alors » ===> penser systémique sur les effets- besoin critique : encourager la diversité technologique, faire exister les alternatives. Offres plus variées pour lutter contre les logiques de standardisation- se dégager de l’ingénierie démocratique et revaloriser l’artisanat (ne plus partir des techno pour équiper les questions démocratiques)=> il faut repenser l’environnement démocratique des technologies….et si le code ne faisait pas la loi ? Cela peut aussi s’appliquer aux réflexions sur les tiers lieux.
  • Piste autour du rôle des ingénieurs et la manière de penser les innovations (cf. l’enthousiasme ambiant sur les low tech : en démocratie, tendance à sortir l’artillerie lourde, énormes plateformes très bien designées comme conditions pour que cela fonctionne, hors ce n’est pas vrai).

Comment ?

  • réunir les acteurs des questions démocratiques (mais ne pas les laisser seuls) : l’important c’est d’arrimer la démocratie à d’autres questions sociales et sociétales
  • la coalition devrait se définir des objectifs gagnables pour avancer

Partage des constats par Berger-Levrault :

  • responsabilité énorme d’un éditeur de logiciel pour les processus électoraux
  • club d’élus de petites collectivités avec un appétit pour le numérique : pas de cadre de confiance pour des systèmes numériques de concertation locale
  • mission d’information assemblée nationale : une fois de plus acteurs du numérique et politique qui vont se mettre d’accord // « que fait-on de la société civile numérique ? » : « de quoi vous voulez parler ? fake news »….pas de sensibilité

L’Institut de la concertation et de la participation citoyenne (ICPC) s’intéresse également à la coalition autour des civic tech
Cette coalition a vocation à rassembler des acteurs très variés, praticiens de la participation. Il est important de ne pas laisser cette question entre les mains des seuls acteurs du numérique et des civic tech, mais de favoriser la diversité de parties prenantes.

La civic tech se frotte aux mêmes questions que les acteurs de la démocratie participative. De nombreux modèles alternatifs sont encore très peu explorés en France.

En conclusion de son cycle de prospective 2018-2019, la Fing a publié un Cahier d’enjeux qui définit les qualités du numérique que l’on veut pour demain. Celui-ci propose une méthode pour transformer le numérique en ce sens :  travailler sur les impacts de la société sur le numérique, plutôt de s’attacher aux impacts du numérique sur la société. Le programme #Reset 2022 initie un mouvement de coalitions d’acteurs hétérogènes, se cristallisant chacune autour d’un problème, d’un impact recherché, et d’un récit de transformation. Il propose chaque mois un Reset Day pour faire progresser les coalitions et en inventer de nouvelles.

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